Ecrit par Victor d'Autodidaxy ● 07/01/19 13:37

La visualisation négative, une technique méditative pour être heureux

Visualisation négative, technique méditative des Stoïciens pour être heureux | Autodidaxy | Reprenez le contrôle | Philosophie stoïcisime d'aujourd'hui 

C’est un fait, l’être humain est un éternel insatisfait. L’herbe est toujours plus verte chez le voisin et l’émergence de réseaux sociaux comme Instagram ne sont pas prêts de diminuer ce sentiment. Nous passons, par conséquent, la plupart de notre temps à penser à ce que nous n’avons pas.

Tout le contraire de ce que Marc Aurèle et les Stoïciens nous recommandent : se concentrer sur ce que nous avons déjà et, plus particulièrement, au manque que nous ressentirions si cela était amené à disparaître. Comment vous sentiriez-vous sans vos possessions matérielles ? Sans votre maison, votre voiture, vos vêtements, vos animaux, votre compte bancaire ? Et si vous perdiez la capacité de parler, entendre, marcher, respirer ?

Comment donc se convaincre soi-même de vouloir ce qu’on possède déjà ? Les Stoïciens pensaient avoir trouver la réponse grâce à la visualisation négative.

Ils recommandent que, chaque jour, nous imaginions la perte des choses ou des êtres qui nous sont chers – que notre femme nous quitte, que notre voiture soit volée ou que nous perdions notre emploi. Par ce stratagème, nous apprécions encore plus ce qui nous rend heureux. Les Stoïciens peuvent ainsi réaliser des actions que d’autres redoutent et sauront s’abstenir quand d’autres ne peuvent résister.

Comme son nom ne l’indique pas, la visualisation négative permet aux Stoïciens de devenir des optimistes épanouisIls sont, en effet, capable d’imaginer des événements négatifs sans être envahis d’anxiété. Plutôt que de vous rendre triste, la visualisation négative augmentera votre capacité à apprécier le monde qui vous entoure et vous évitera de tenir pour acquis ce qui fait votre bonheur.


L’objectif est ici de contrer une tendance appelée par Brickman et Campbell “l’adaptation hédonique” selon laquelle nous ne sommes jamais satisfaits et désirons toujours plus. Michael Eysenck a imagé cette théorie avec un homme qui court sur un tapis roulant ou dans une roue de hamster, qui poursuivrait indéfiniment le bonheur. On trouve des traces de cette idée déjà chez Saint-Augustin :

Le désir n'a pas de repos, il est infini en soi, sans fin, et certains l’on décrit comme une crémaillère perpétuelle ou un moulin à chevaux.


Il est nécessaire de garder à l’esprit que tout ce qui est important à nos yeux disparaîtra un jour ou l’autre. Si ce n’est pas le cas, c’est notre propre mort qui nous en séparera. De manière générale, rappelons-nous que toute activité humaine qui ne peut se poursuivre indéfiniment, se terminera un jour. Il y aura - où il y a déjà eu ! - un moment où vous vous brosserez les dents pour la dernière fois, où vous vous couperez les cheveux, où vous conduirez une voiture, etc. Il existera un moment où vous entendrez pour la dernière fois le bruit de la neige qui tombe, où vous verrez la pleine lune, où vous sentirez l’odeur d’un gâteau sortant du four, où vous sentirez la chaleur de votre enfant qui s’endort dans vos bras.


La visualisation négative, en d’autres termes, nous apprend à accepter la vie que l’on a et à en extraire chaque once de plaisir. Mais, elle nous prépare simultanément à la perte potentielle de ces plaisirs. Être capable d’apprécier ce que l’on a sans s’y cramponner coûte que coûte, tel est l’objectif des Stoïciens. Ceci nous permettra d’une part d’apprécier un maximum chaque moment mais aussi de rendre cette joie durable quelle que soit les circonstances. Finalement, via la visualisation négative nous pourrons bénéficier d’un des principaux avantages du stoïcisme d’après Sénèque :

“Une joie immense, inaltérable, et de sentiments affectueux et expansifs que nous savourerons moins comme des biens, que comme les fruits d'un bien qui est en nous.”

 

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Thèmes: Philosophie, Penser, Bonheur

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